Yanick Poisson
La Tribune
Publié le 24 février 2009 à 09h09
(ASBESTOS) Une foule d'un peu plus d'une centaine de personnes, composée principalement de résidents du secteur des Trois-Lacs, ont assisté, lundi, à la séance d'information organisée par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) afin de faire la lumière sur le projet de dragage de la Régie intermunicipale de restauration et de prévention des Trois-Lacs.
Même s'ils se sont dits, pour la plupart, satisfaits du projet qui leur était présenté, les propriétaires riverains ont longuement questionné le groupe promoteur en rapport à une zone tampon de 30 pieds à partir de la berge qui ne sera pas draguée au cours de la première phase de l'intervention.
Afin de concilier les attentes de l'Association des résidents des Trois-Lacs, celles du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) et de respecter, tant que faire se peut, la faune du plan d'eau, la Régie a, effectivement, décidé de ne pas retirer les sédiments se trouvant à moins de dix mètres des rives, sauf dans le cas de quelques plages publiques situées dans les secteurs de la rue Larochelle à Asbestos et du camping l'Oiseau bleu, à Tingwick.
Pour Yvan Provencher, un propriétaire riverain, cette zone est beaucoup plus qu'une simple épine dans le pied. En ce qui le concerne, elle rend les travaux tout à fait inutiles.
«Je n'ai plus accès au lac en bateau et il est impensable de se baigner ou de se promener en pédalo. De plus, je trouve sans cesse des poissons morts sur la plage parce qu'ils se sont pris dans les algues», a-t-il indiqué.
Johanne Lupien, une autre résidente, a demandé à ce que le dragage du littoral concerne également les plages privées, ce qui permettrait à la majeure partie des riverains d'avoir accès à une eau navigable. Elle a indiqué arracher elle-même les algues chaque été afin de permettre aux gens de se baigner.
Même s'il s'est dit très attentif aux recommandations des gens des Trois-Lacs, le directeur de la Régie intermunicipale, Martin Lessard, n'a pas été en mesure d'y donner suite. Le directeur a indiqué que cette première étape servait avant tout à démontrer que le dragage d'un lac était sans impact pour l'environnement et qu'elle devait donc concerner une zone limitée du bassin.
«Nous devons en faire un projet exemplaire. Les yeux de plusieurs autres gestionnaires de lacs sont tournés vers nous. C'est pour cette raison que nous avons décidé d'être extrêmement conservateurs pour la première phase», a-t-il dit.
M. Lessard a toutefois tenu à préciser qu'il avait l'intention de rendre le cours d'eau à ses résidents lors de phases subséquentes de dragage.
La séance du BAPE s'est soldée par un tonnerre d'applaudissements. Selon Martin Lessard, cette réaction des riverains démontre qu'ils sont heureux de constater qu'enfin les choses bougent.
«C'est vrai que beaucoup d'études ont été faites afin de permettre de mieux connaître le lac et sa problématique au cours des dernières années, mais après 40 ans d'attente, on sent maintenant que ça bouge», a-t-il dit.
Les gens qui ne sont pas convaincus de la pertinence du projet de la Régie ont jusqu'au 22 mars pour adresser une demande d'audience publique auprès du MDDEP. Si personne ne se manifeste, la ministre Line Beauchamp pourrait autoriser la réalisation des travaux dès cet automne.