Article mis en ligne le 14 mars 2009 à 9:07
La présente est pour exprimer mon désaccord le plus vif quand au projet de parcours nautique sur le lac Bowker. Je fréquente le lac Bowker depuis…plus de quarante ans… C’est un lac étroit encaissé qui à presque l’air d’un fjord. La beauté du Bowker pour moi tient en grande partie à son côté sauvage, tout au moins dans la partie nord du lac. Or, c’est dans cette partie du lac, la plus calme et la plus étroite, que vous proposez établir le parcours nautique.
Monsieur Trottier, ma famille et moi ne partageons absolument pas une telle vision du développement récréatif pour le Bowker. Nous faisons du canot et du pédalo. Nous avons aussi une chaloupe équipée d’un moteur électrique. Nous nageons. Votre projet de parcours nautique met en péril notre sécurité car nos quatre terrains de rives sont tous situés au nord du lac qui, si vous maintenez votre projet, sera sillonné par des bateaux navigants à haute vitesse. Votre projet diminuera aussi sensiblement le plaisir que nous avons à aller au lac à cause de la pollution par le bruit causé par les bateaux qui tourneront sans fin autour de ce parcours.
Je tiens également à relever les nombreux problèmes écologiques de votre initiative. Premièrement, dans les dernières années des huards ont commencé à passer l’été au lac. Ce sont des oiseaux magnifiques qui, pour nous, représentent on ne peut mieux l’esprit de la sauvagerie. Cependant, les huards sont très sensibles au bruit. Tout indique que le bruit constant des moteurs associés au parcours de ski les fera fuir.
Deuxièmement, les vagues générées par les bateaux dans cette partie étroite du lac vont augmenter l’érosion des berges. L’érosion apportera dans le lac de la terre et avec elle des éléments minéraux. Ce sera un pas vers l’eutrophisation. Je pense qu’aucun riverains, même ceux qui aiment le ski nautique, ne veut voir notre lac devenir une soupe à algues. Il faut donc, pour maintenir les eaux claires faire très attention aux intrants…Je sais de quoi je parle puisque je suis professeure titulaire d’écologie à l’université McGill.
Troisièmement, le Canada a ratifié l’accord de Kyoto qui nous demande, comme pays, de réduire nos gaz à effet de serre à -6% des émissions de 1990. Comme citoyennes et citoyens nous devons faire un effort afin de changer nos comportements et éviter les émissions inutiles. La crainte des conséquences du changement climatique n’est pas un bonhomme sept-heures d’écologistes en mal de sensation. C’est une menace réelle et alarmante tel que confirmé par le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat, récipiendaire du Prix Nobel de la Paix en 2007 www.ipcc.ch). Le projet de parcours nautique est incohérent avec l’urgence qu’il y a à réduire les gaz à effet de serre.
Pour nous, les riverains, pour l’avenir de nos petits-enfants, il est important de penser aux multiples conséquences néfastes de ce parcours. J’en appelle donc, Monsieur Trottier, à votre sens civique et à votre respect de l’opinion de nombreux concitoyens, afin de vous demander de renoncer à ce projet de parcours nautique. Nous en serons reconnaissant, vraiment...
Bien à vous.
Catherine Potvin
Canton d'Orford