Les auteurs, Marcel Dussault et Diane Bordeleau s'expriment au nom des commerces suivants: le Resto des copains d'abord, le Marché de Grandes-Piles, la Station service Crevier, le Repos du Draveur, le Resto Pub Pruneau, le restaurant Ma-Mi.
Depuis quelque temps, les plaisanciers qui veulent avoir accès à la rivière se retrouvent à Grandes-Piles devant une barrière bloquant l'accès à la rampe de mise à l'eau du quai municipal, barrière que l'on peut franchir moyennant la somme de 20 $ par jour pour une petite chaloupe de pêche, 40 $ pour un bateau de plaisance ou 80 $ pour une motomarine.
Tout ça pour utiliser des infrastructures (parc, stationnement, préau, etc. ) qui ont été construites à l'aide de subventions des deux paliers de gouvernement et léguées à la municipalité par feue la Compagnie de Flottage et le gouvernement du Québec, donc avec l'argent de tous les payeurs de taxes.
Les arguments invoqués pour l'augmentation de ces tarifs qui étaient déjà fortement critiqués les années dernières sont: créer un moyen de contrôler l'utilisation de la rivière supposément menacée par un nombre grandissant de plaisanciers, assurer une plus grande sécurité entre les rives des deux villages, assurer aux citoyens de la municipalité un accès prioritaire à la rivière, ne pas gaspiller un si beau paysage par la présence dans le stationnement adjacent d'un grand nombre de remorques de bateau. Des arguments qui ne tiennent pas le coup, car la rivière n'est pas surutilisée, loin de là, et les intervenants touristiques comme Vision Mauricie mettent déjà des efforts pour que notre région devienne une destination de pêche sportive tout en essayant de responsabiliser les municipalités riveraines à faire des démarches pour assurer l'installation de panneaux de signalisation et même augmenter la présence policière sur la rivière. Quant au paysage, partout où il y a des mises à l'eau, il y a des remorques, c'est normal, et ce ne sont pas des vieilles minounes qui les tirent.
Et tout ça se passe dans un village qui a refusé les porcheries en disant qu'il avait une vocation récréo-touristique et où les commerçants comptent sur la trop courte saison estivale pour assurer à leurs citoyens des services permanents. Les intervenants touristiques du village ont même encouragé le développement et l'intégration de la communauté à la Route des rivières soutenue par la MRC, le CLD et la Chambre de Commerce de Mékinac. Ces intervenants et commerçants comprennent mal le silence de ces derniers dans le dossier... Quand un conseil municipal, par de mauvaises décisions, met en péril la santé et la survie même de ses commerçants, que ceux-ci prennent tous les moyens pour être entendus, mais que rien ne se fait, s'en va-t-on vers un nouveau Val-Jalbert?
Déjà, les répercussions se font sentir. Les gens boudent les commerces du village en allant se mettre à l'eau à Saint-Rock-de-Mékinac ou à Saint-Jean-des-Piles où ils font leurs achats et leur plein d'essence. Le Conseil a réussi : il n'y a qu'une remorque ou deux dans le stationnement, la fin de semaine, ce qui va peut-être lui servir d'argument pour le fermer définitivement l'année prochaine.
La réputation de Grandes-Piles comme village touristique accueillant en prend pour son rhume. Et pourtant, rien ne bouge. Une conseillère nous a répondu dans sa grande sagesse: « D'ici deux ans, tout va être oublié... » Peut-être, mais y serons-nous encore comme commerçants? C'est pas sûr. Nous comptons sur quatre mois pour passer d'une année à l'autre et sur la coopération et la compréhension. Voilà pourquoi nous invitons tous les intervenants touristiques, les plaisanciers, les citoyens, les visiteurs à nous appuyer en appelant, en écrivant ou en manifestant leur mécontentement à la Municipalité de Grandes-Piles.